Chaque fin d’été, les colonies de guêpes et de frelons atteignent leur taille maximale, parfois plusieurs milliers d’individus. En Savoie, le phénomène prend une ampleur particulière : selon France Bleu Savoie, le nombre de nids de frelons asiatiques a doublé entre 2024 et 2025 sur le plateau de la Leysse. Pour les propriétaires et locataires du département, la question n’est plus vraiment de savoir si le problème existe, mais comment y répondre sans se mettre en danger.
Une présence qui s’étend, des risques bien réels
Le frelon asiatique (Vespa velutina) s’est installé en Savoie depuis 2015. Sa morphologie proche du frelon européen rend l’identification difficile à l’œil nu, ce qui complique toute tentative d’intervention bricolée. Les nids se logent volontiers dans les combles, derrière les volets, dans les abris de jardin, les vieux arbres ou même en pleine terre. En résidence secondaire de montagne, un nid peut se développer tout l’été sans être détecté.
Du côté des risques sanitaires, les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur la période 2014-2023, les frelons ont été responsables de 38 % des cas graves d’envenimation, selon les données de l’ANSES et de Santé publique France. Les réactions sévères restent rares (1,5 % des cas), mais elles peuvent engager le pronostic vital, surtout chez les personnes allergiques, les enfants ou les personnes âgées. En cas de piqûre au visage, de gonflement du visage ou de difficulté respiratoire, le 15 ou le 112 doit être contacté sans attendre.
Pour la destruction de nids de guêpes et frelons en Savoie, faire appel à un professionnel certifié reste la seule option réellement sûre : les produits biocides sont réservés aux techniciens agréés depuis la réforme Certibiocide entrée en vigueur en 2024, et intervenir soi-même sur un nid actif expose à des piqûres en masse.
Un cadre légal renforcé depuis 2025
La loi n° 2025-237 du 14 mars 2025, adoptée à l’unanimité, a structuré pour la première fois la lutte contre le frelon asiatique à l’échelle nationale. Elle organise un financement partagé entre l’État, les collectivités et les acteurs de terrain, décliné ensuite en plans départementaux. Les décrets d’application ont été publiés fin décembre 2025. La destruction n’est pas une obligation légale imposée aux particuliers, mais la mairie devient l’interlocuteur de premier rang pour orienter les habitants vers les bons prestataires.
En Savoie, la Communauté de communes Cœur de Savoie avait mis en place dès 2024 un dispositif de prise en charge partielle des interventions. Si vous êtes concerné, renseignez-vous directement auprès de votre mairie pour savoir si un dispositif d’aide est actif dans votre commune.
Face à une colonie en pleine activité, l’urgence est de ne pas improviser. Un technicien formé identifie l’espèce, localise précisément le nid et intervient avec les équipements adaptés, y compris en terrain difficile d’accès comme c’est souvent le cas dans les vallées alpines. C’est cette combinaison de rapidité, de diagnostic fiable et de sécurité qui fait la différence entre une nuisance gérée et un incident évitable.

